Population locale

La conservation des grands singes ne sera effective qu’avec l’implication des populations locales.

 

L’implication des populations locales fait partie de notre idéologie. Nous souhaitons accompagner les populations locales dans des alternatives à la déforestation et à la chasse de viande de brousse. Le manque d’accès à l’énergie est une des principales causes de déforestation en RDC.

Le bois constitue une grande source d’énergie à la survie des habitants dans un pays où règne la pauvreté : comment les blâmer alors qu’ils n’ont nul autre choix pour survivre ?

En dépit des richesses hydraulique et énergétique en RDC, plus de 30 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 9% seulement de la population ont accès à l’électricité.

Le manque d’accès à l’énergie des populations africaines touche environ 621 millions d’Africains, soit deux africains sur trois.

Des millions d’habitants en Afrique usent de la combustion du bois, de la bouse et des résidus agricoles pour se chauffer et faire la cuisine en Afrique. L’inhalation des fumées et des cendres produites par ces moyens de chauffe traditionnels entraîne la mort de millions de personnes chaque année, surtout parmi les femmes et les enfants.

 

 

source photo: www.bwint.org
source photo : www.bwint.org

Les Congolais ont fait des produits du bois, des produits de première importance, plus que tout autre produit tiré de la forêt, en tant que source d’énergie et de revenus de ménages. Cet état de choses est dû, d’une part, à la pauvreté et d’autre part, à la défaillance du réseau de distribution de l’électricité dans les villes. Il en ressort que les écosystèmes forestiers environnants sont mis en exploitation afin de fournir à la population, des combustibles ligneux pour répondre aux besoins des ménages et aux activités industrielles. Face à une demande énergétique ménagère galopante, des quantités considérables de tonnes de charbon de bois et de bois de chauffe sont acheminées dans les marchés, sans respect des normes écologiques, entraînant ainsi une réduction de la biodiversité forestière.

 

© Phil Moore, AFP archives Forêt de Masisi en République démocratique du Congo, où les arbres servent à faire du charbon de bois.
© Phil Moore, AFP archives Forêt de Masisi en République démocratique du Congo, où les arbres servent à faire du charbon de bois.

Pourtant des alternatives existent, mais par manque de moyens, très peu de ces populations peuvent s’équiper dans des technologies écologiques comme les panneaux solaires par exemple. Notre association souhaite soutenir notre partenaire et accompagner les villageois dans ce sens.

Vous pouvez découvrir ci-dessous les informations données par notre partenaire à propos des alternatives possibles à la déforestation et à la viande de chasse de brousse.

 

Source photo: http://reporterre.net Production traditionnelle de charbon de bois.
Source photo: http://reporterre.net
Production traditionnelle de charbon de bois.

Informations de notre partenaire:

ALTERNATIVES A LA DÉFORESTATION

Dans ce cadre, les alternatives suivantes sont nécessaires :

Alternative 1 : Octroyer des panneaux solaires aux ménages riverains

  • Problématique :

Dans les zones forestières, on observe un problème d’accès à l’énergie par les communautés locales. Cette situation a une influence négative sur les essences forestières qui produisent de l’énergie utilisable par les ménages. Pour subvenir à leurs besoins, les communautés se rabattent sur ces essences notamment, avec comme conséquence de leur disparition.

A partir de ce constat, l’objectif est de mettre à la disposition des communautés d’autres accès à l’énergie utilisable dans les foyers, sans avoir recours à la forêt.

Atout de l’activité :

En 2010, Cinq femmes dont une de FOCODER, du nom de KAHINDO MACHOZI, ont bénéficié d’un appui en renforcement des capacités en électrification rurale sur la base de l’énergie solaire, pendant 6 mois en Inde (Novembre 2010 à Avril 2011).

A leur retour, 29 kits de panneaux solaires et accessoires ont été octroyés par le collège Barefoot de l’Inde au profit des communautés locales de la zone de provenance des femmes ayant reçu la formation.

Dans le cadre de notre zone, les 29 kits des panneaux solaires ont été distribués aux communautés forestières de Pinga, et actuellement 29 ménages de ce même village utilisent l’énergie solaire.

La grande difficulté rencontrée dans la mise en place de ce projet est que la demande a été supérieure au nombre de kits distribués. D’où la nécessité de renforcer les kits afin de répondre aux besoins des communautés locales. L’impact de cette activité se justifie par le fait que les 29 ménages bénéficiaires réduisent leur impact sur les ressources forestières qui produisent l’énergie utilisable dans les ménages.

 

  • Impact attendu par l’activité sur l’environnement

  • Diminution de la pression anthropique sur les forêts des communautés locales.

Stratégies de la mise en œuvre :

  • Sensibilisation et identification des bénéficiaires,

  • Achat, transport et distribution des kits de panneaux solaires,

  • Installation de kits dans les ménages.

 

Alternative 2 : accompagner les communautés dans la culture biologique et le reboisement

Problématique :

Dans la zone de travail de FOCODER, les forêts subissent une forte exploitation de la part des communautés locales. Cette exploitation serait due à plusieurs raisons notamment la pauvreté et l’ignorance.

Cette sur-exploitation se concrétise de différentes manières : l’agriculture sur brûlis, l’exploitation artisanale du bois, la coupe des bois pour l’extraction du miel sauvage, l’exploitation des minerais, la cueillette des fruits, …

Vu l’ampleur et la rapidité d’exploitation prises par ces activités actuellement, les forêts ne cessent de s’éloigner des villages. On risque d’assister à une disparition de certaines espèces floristiques présentant des intérêts économiques capitaux.

Dans ce contexte, les opérations de sensibilisation et de formation des familles, le reboisement et l’apiculture restent des moyens tout indiqués pour relever les défis liés à la gestion durable des forêts communautaires.

Atout sur l’activité :

En 2015, un plan d’intensification agricole a été mis en place en collaboration avec les communautés locales : ce plan a déterminé les méthodes de travail et les stratégies pour la réussite d’une agriculture respectueuse de l’environnement.

L’existence des textes légaux régissant la gestion des ressources forestières (dont la vulgarisation s’effectue par FOCODER depuis 2010) constitue un atout majeur pour cette activité.

Il s’agit de mettre en application les paroles et les intentions à travers des actions concrètes et effectives.

Les activités :

  • Accompagner les communautés dans l’agriculture durable sur la base d’un plan d’intensification agricole.

  • Reboiser les villages avec des arbres fruitiers (ex : oranger, pommier, avocatier, maracuja).

  • Appuyer l’apiculture dans les forêts communautaires,

  • Informer les foyers et les accompagner vers des systèmes modernes.

 

ALTERNATIVES A LA CHASSE

Accompagner les communautés locales dans l’élevage de porcs et de lapins

Problématique :

Dans la zone de travail de FOCODER, on observe une grande pression anthropique sur les animaux sauvages, exercée par les communautés locales. Ces activités néfastes et intensives subies par les animaux risquent de contribuer rapidement à la disparition des espèces de la faune sauvage dans les forêts communautaires.

Il convient de proposer aux communautés locales d’autres opportunités leur permettant d’accéder à la protéine animale sans avoir recours aux prélèvements d’animaux sauvages.

L’élevage des porcs et des lapins semble bien indiqué dans la zone car il est plus prolifique et adapté au contexte socio-économique, culturel et climatique du milieu.

Atout de l’activité :

En 2012, FOCODER a bénéficié d’un appui de FPP (Forest people program) à travers le Réseau CREF (Réseau pour la Conservation et la Réhabilitation des Ecosystèmes Forestiers) d’un appui financier pour la mise en place d’une porcherie communautaire pilote.

Dans la phase de la mise en œuvre de ce projet, 6 géniteurs de porcs ont servi à peupler la porcherie. Dans l’intervalle de 4 mois, 22 porcs sont nés grâce à ces 6 géniteurs.

33 bénéficiaires ont été identifiés et aidés pour l’élevage de porcs pour la première phase du projet : seulement 15 ont reçus des géniteurs pour élevage dans leurs foyers.

Ce micro-projet prenait en charge l’alimentation des porcs, la rétribution du gardien et du vétérinaire. Il était question pour ce microprojet d’octroyer des géniteurs sous forme de « crédits rotatifs » en faveur des communautés locales des forêts communautaires concernées, afin de réduire la pression humaine sur les animaux sauvages.

Les difficultés :

  • Rupture rapide de la prise en charge du projet par le partenaire financier avant l’appropriation du projet par les bénéficiaires.

  • Mortalité des porcs, faute de moyens et de soins, à la suite de l’épidémie de peste porcine.

Impact attendu sur l’environnement :

Les ménages bénéficiaires réduiront leur impact sur les animaux sauvages dans les forêts communautaires et augmenteront leur revenu économique.

Les activités à développer :

Pour l’élevage des porcs

  • Délocaliser et aménager la porcherie existante,

  • Identifier et renforcer les capacités des anciens et nouveaux bénéficiaires,

  • Assurer le suivi (alimentaire et vétérinaire) des porcs.

Pour les lapins

  • Sensibiliser et identifier les populations bénéficiaires,

  • Renforcer les capacités des bénéficiaires en élevage de lapin,

  • Aménager des cages communautaires et individuelles,

  • Assurer le suivi des lapins dans les cages communautaires et individuelles.

Notre association souhaite également mettre en place une brigade anti-braconnage comme alternative à la chasse de viande de brousse, créer divers projets en faveur des populations locales.

C’est grâce à votre générosité qu’il nous sera possible de concrétiser nos projets.