Les primates

Les primates correspondent à un ordre de mammifères, regroupant entre autres les singes, les lémuriens, les loris, les tarsiers ou l’Homme. Étymologiquement, le terme signifie « première place » et ne se réfère pas aux caractéristiques de ces animaux.

Qu’est ce qu’un primate ?

Le terme Primate a été créé par Linné, dans la dixième édition de Systema Naturae, et vient du latin primas pour “celui qui occupe la première place”. Ce terme fait référence aux capacités intellectuelles des primates.
D’un point de vue anatomique, on considérera le pouce opposable chez la plupart des espèces, le fort développement du cerveau, la présence d’ongles plats, et l’acquisition d’une excellente vision, souvent au détriment du sens olfactif, qui prévaut chez les autres mammifères.
Tout le monde a déjà entendu parler des primates, mais si l’on demande à quelqu’un de citer le contenu exact de ce groupe, les bonnes réponses sont bien rares. Beaucoup savent que le gorille et le chimpanzé sont des primates, mais pour le reste… Rappelons donc quelles espèces appartiennent à l’ordre des primates, et donnons les caractéristiques de cet assemblage.

 

Le Lémur Catta vit à Madagascar.
Le Lémur Catta vit à Madagascar.

D’abord, il faut rappeler que l’homme est un primate parmi les autres.

Nous avons beau dominer la planète, d’un point de vue évolutif, nous sommes des grands singes, comme le gorille, le chimpanzé ou l’orang-outan. Un peu plus sophistiqués, il est vrai, mais d’un point de vue génétique, anatomique, et même dans notre organisation sociale, nous n’offrons que des différences mineures avec les autres grands singes. L’explication est simple, nous partageons un ancêtre commun exclusif avec les autres grands singes et nos caractéristiques communes viennent de cette parenté proche.

En outre, le groupe des primates est plus vaste que beaucoup l’imagine.

Les membres les plus basiques de l’arbre de parenté des primates sont ainsi les lémuriformes (lémuriens et espèces apparentées, présents uniquement à Madagascar, tels le maki ou l’aye-aye), les loridés (des mammifères arboricoles aux grands yeux, à la face plate et aux mouvements lents, d’Afrique et d’Asie) et les galagos (des petits mammifères arboricole d’Afrique, aux grands yeux et aux oreilles grandes et mobiles).
Les tarsiers, de minuscules mammifères d’une quinzaine de centimètres, aux yeux démesurés, sont également des primates, à la vie discrète et nocturne. Et bien évidemment, le groupe des primates contient tout ce qu’on appelle communément “singe”, c’est-à-dire les simiiformes.

Il existe 130 espèces de singes et une d’homme

Nous n’allons pas présenter la longue liste de singes de notre planète, mais il faut insister sur une famille au sein des simiiformes : les hominidés. Vous l’aurez compris, il s’agit de la famille de l’homme, mais aussi de tous ses cousins les plus proches, c’est-a-dire le chimpanzé, le gorille, l’orang-outan, ainsi que toutes les espèces fossiles du genre Homo, nos cousins maintenant disparus, comme Homo erectus, homo habilis, ou encore Homo neanderthalensis (l’homme de Neandertal). Rappelons que l’homme de Neandertal a côtoyé l’homme moderne, Homo sapiens, avant de disparaître, peut-être en raison de conflits avec notre espèce. La famille des hominidés est communément appelée la famille des grands singes. Au sein des primates, les hominidés sont ceux qui montrent l’intelligence la plus forte.
Il est à noter que Homo erectus n’est pas la même espèce que homo habilis, que homo habilis n’est pas la même espèce que homo sapiens et réciproquement. L’étude des éléments disponibles, les os fossilisés (à défaut des ADN) semble indiquer que les différences morphologiques sont trop importantes pour qu’il s’agisse d’une seule et même espèce. Si Madame Habilis et Monsieur Erectus avaient des rapports charnels, cette union serait toujours sans descendance pérenne.

Origine des primates

Le débat demeure encore sur l’origine des primates. D’un point de vue phylogénétique, on considère que les primates font partie du superordre des euarchontes, et qu’ils ont une parenté avec l’ordre éteint des plésiadapiformes. Certains de ces animaux primitifs, comme Purgatorius, pourraient être les ancêtres des primates, ce qui plaiderait pour une apparition à la fin du Crétacé, vers 65 millions d’années. Au plus tard, les premiers primates sont apparus il y a 55 millions d’années, l’époque où vivait par exemple Archicebus achilles.

Caractéristiques des primates

Les primates représentent un ensemble assez hétérogène en tailles et en habitudes : du petit microcèbe de 13 cm et de 30 g au gorille de 1,75 m et de 250 kg. Tous présentent des aptitudes à la vie arboricole, bien que quelques espèces préfèrent vivre au sol. Parmi les principales caractéristiques communes aux primates, on retrouve :

  • des yeux frontaux permettant une vision binoculaire à mettre en rapport avec un développement important des aires visuelles cérébrales ;

  • des membres à cinq doigts terminés par un ongle plat en lieu et place des griffes, avec chez certains une mobilité accrue de la main permettant une préhension efficace, grâce à un pouce opposable.

En règle générale, les primates disposent d’un cerveau plutôt volumineux leur permettant de résoudre des tâches cognitives complexes. Mais le processus est poussé à l’extrême chez les hominoïdes, les grands singes et l’Homme se distinguant par leurs capacités intellectuelles importantes.

L’Homme

Homos sapiens

 

Ce gorille vient-il d’apprendre qu’il est un cousin de l’homme ?
Ce gorille vient-il d’apprendre qu’il est un cousin de l’homme ?
 

Aujourd’hui, seul l’homme occupe réellement la dite première place : Homo sapiens. Mais de nombreuses espèces se sont succédé depuis 2,5 millions d’années et l’apparition d’Homo habilis. Les autres espèces ne faisant que subir, comme tous les animaux de la planète, notre développement. L’homme n’est guère sensible à ses relations de parenté, et ne montre aucune pitié pour ses cousins les plus proches. Et pourtant, tout le monde s’étonne du regard particulièrement humain d’un gorille, de l’intelligence des chimpanzés et de l’organisation sociale des bonobos. Passé cet étonnement, la réalité montre son triste visage, une expansion de l’homme au détriment de tout le monde animal. La déforestation met en danger la plupart des primates, et rien ne dit que cela va s’arranger. Les primates sont essentiellement des animaux tropicaux, seul l’homme, grâce à ses extraordinaires capacités d’adaptation, montre une répartition globale. Or, dans les zones tropicales, le niveau de vie est insuffisant pour que la protection des animaux passe avant l’aspect économique. L’avenir des primates est bien sombre. L’avenir des primates, l’homme inclus… Car nous risquons fort de payer le prix de notre manque de considération pour nos cousins, leur environnement est aussi le nôtre.

La moitié des primates dans le monde sont au bord de l’extinction !

Habitat en voie de disparition.

Leur existence périlleuse est due à la destruction de leur habitat, en particulier les incendies et coupes de bois dans les forêts tropicales, ainsi que la chasse pour la consommation et le commerce illégal. Au total 703 espèces et sous-espèces de primates sont recensées dans le monde.

Source : http://www.pratique.fr/singes-hommes-tous-primates.html