Orang-outan

Le nom « orangutan » (orang-outan ou orang-outang en français) signifie « l’homme de la forêt ». Il vient du Malais et du Bahasa Indonésien (langue officielle de la république d’Indonésie) : orang (l’homme) et hutan (la forêt).

 

Orang-outan de Sumatra (Pongo abelii)

Il est plus rare et plus petit que celui de Bornéo.

Population estimée : environ 6 500

Taille : Les mâles mesurent environ 1,40 m, Les femelles sont plus petites (en moyenne 90 centimètres de hauteur)

Poids : 45 kg pour les femelles et jusqu’à 90 kg pour les mâles

Durée de vie : 56-60 ans en captivité, 30-45 ans à l’état sauvage

Habitat : Les forêts tropicales humides.

Gestation : 8,5 à 9 mois, un seul petit par portée

Statut de conservation UICN : CR En danger critique d’extinction

 

Portrait de femelle orang-outan. Bukit Lawang, Sumatra, Indonésie © Clément Racineux / Tonton Photo
Portrait de femelle orang-outan. Bukit Lawang, Sumatra, Indonésie © Clément Racineux / Tonton Photo

Orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus)

Population estimée : environ 35000

Taille : Les mâles mesurent environ 1,40 m, les femelles 100-120 m

Poids : 50 kg pour les femelles et jusqu’à 100 kg pour les mâles

Durée de vie : 56-60 ans en captivité, 30-45 ans à l’état sauvage

Habitat : Les forêts tropicales humides.

Gestation : 8,5 à 9 mois, un seul petit par portée

Statut de conservation UICN : EN En danger

Orang-outan de Bornéo
Orang-outan de Bornéo

Il existe deux sous-espèces d’orangs-outans : les orangs-outans de Bornéo et les orangs-outans de Sumatra. En règle générale, les orangs-outans de Bornéo sont sensiblement plus petits que les homologues de Sumatra, et présentent un pelage plus sombre. Les orangs-outans de Bornéo sont répartis dans plusieurs zones géographiques distinctes.

 

Type de forêt dans laquelle évolue l'orang outan. © Tbachner, domaine public
Type de forêt dans laquelle évolue l’orang outan. © Tbachner, domaine public

DISTRIBUTION

L’orang-outan de Bornéo vit dans les forêts de deux des trois nations qui se partagent l’île : l’Indonésie (Kalimantan) et la Malaisie (Sabah, Sarawak). Sa présence au Brunéi n’est pas confirmée. L’orang-outan de Sumatra vit uniquement dans les provinces d’Aceh et de Sumatera Utara dans le nord de Sumatra, Indonésie.

ANATOMIE ET APPARENCE

Les orangs-outans ont un corps volumineux, un cou épais, des bras longs et forts, des jambes courtes et arquées, et comme tous les grands singes, ne possèdent pas de queue. Ils sont recouverts de longs poils roux excepté sur leur visage. Les mâles adultes possèdent de larges “coussins” charnus sur les joues (ou disque facial), qui s’étoffent avec l’âge. Les plus grands mâles peuvent avoir une envergure de bras d’environ 2,3 m.

GESTATION

La reproduction commence entre 7 et 10 ans. Les jeunes orangs-outans sont sevrés vers l’âge de 6-7 ans. La lente reproduction des orangs-outans est l’une des causes majeures de leur menace.

PRÉDATEURS ET ENNEMIS NATURELS

Tigres et pythons pour les jeunes ; pour les adultes, seuls les êtres humains sont leurs redoutables ennemis.

ÉCOLOGIE ET COMPORTEMENT

Les orangs-outans sont omnivores mais principalement herbivores. lls mangent des fruits (mangues, figues, litchis), feuilles, graines, écorces, pousses tendres de plantes et fleurs. Ils apprécient également les insectes et les petits animaux (oiseaux et mammifères). Les orangs-outans ne quittent pas toujours leurs arbres pour boire, ils se servent également de l’eau collectée dans les creux des branches pour s’abreuver. Ils sont diurnes, timides et solitaires, par contraste avec leurs proches parents africains, qui sont organisés socialement. Les orangs-outans vivent seuls sur de larges territoires (10 à 40 km2). Le seul groupe social durable étant formé de la mère et de sa progéniture, qui vivront ensemble pendant environ 7 ans. En période de reproduction, le mâle et la femelle resteront ensemble seulement quelques jours. Chaque soir, les orangs-outans construisent un nid pour la nuit, fait de feuilles et de branchages. La mère et son petit partagent le même nid.

TAILLE DES POPULATIONS

Comme pour tous les animaux vivant en forêt, il est difficile d’évaluer la taille des populations d’orangs-outans du fait de l’inaccessibilité des forêts. A la fin des années 1980, la population totale était estimée à environ 180 000. En 1990, le groupe spécialiste des primates de l’IUCN estimait que les orangs-outans étaient approximativement de 30 000 À 50 000 individus vivant à l’état sauvage, mais précisait que ces chiffres pouvaient être surestimés.
Pongo pygmaeus : l’analyse PHVA (Population and Habitat Viability Analysis) conclut en 1993 qu’environ 10 200 à 15 500 orangs-outans subsistaient à Bornéo, avec un manque d’informations sur quelques populations, et ces chiffres ne tiennent pas compte des feux de forêts et de l’exploitation forestière illégale des dernières années. Ces estimations doivent être révisées.
Pongo abelii : les dernières estimations de 2002, montrent une population déclinante d’environ 3 500 individus (Wich et al. 2003), l’estimation de 1997 étant de 12 770 (Rijksen and Meijaard, 1999).

FLUCTUATION DE LA TAILLE DES POPULATIONS

Un groupe de travail du PHVA de 1993 a également publié des estimations sur les aires de distribution et la taille des populations d’orang-outans.
• La plupart des orangs-outans de Sumatra, alors estimés à 9 200 au total, se trouvent dans le Parc National de Gunung Leuser, une aire protégée de 9 460 km2 constituée d’un habitat fragmenté par une agriculture et des activités humaines : la population-Ouest, alors estimée à 3 450 individus pour une surface d’environ 5 500 km2, et la population-Est estimée à environ 2 400 individus pour une surface d’environ 3 000 km2. En 2000, la population totale avait chûté à 6 000 individus et continuait à décroître au rythme d’environ 1 000 individus par an (Van Schaik et al., 2000).
• L’habitat de l’orang-outan de Bornéo était estimé, quant à lui par le groupe de travail du PHVA à plus de 24 000 km2, avec une population possible d’environ 12 500 À 20 500 individus. Les orangs-outans de Bornéo principalement situés au Kalimantan (Bornéo, Indonésie) sont donc plus nombreux que les orangs-outans de Sumatra.
On trouve l’orang-outan de Bornéo dans deux principales aires protégées au Kalimantan : le Parc National de Tanjung Puting (un site classé au Patrimoine Mondial par l’UNESCO) et le Parc National de Kutai. Ces deux parcs ont subi l’exploitation forestière illégale ces dernières années, et le bûcheronnage se poursuit, de récentes estimations indiquent que toutes les forêts primaires auront disparues d’ici 5 à 10 ans. D’autres estimations récentes nous font craindre que les populations de Tanjung Puting pourraient être descendues à 500 individus, alors qu’elles étaient de 2 000 en 1994 (EIA 2000).
• Dans la partie nord de Bornéo (Malaisie), la population d’orangs-outans est fragmentée entre les provinces du Sarawak et de Sabah et l’espèce se raréfie de plus en plus dans les altitudes plus élevées.

De sévères feux de forêts survenus en Indonésie à la fin des années 90, au Kalimantan Sud, Sud-Ouest et Central, ont accéléré la raréfaction des populations d’orangs-outans. On estime que plus de 50% de la population d’orangs-outans auraient disparus depuis le début des années 90.

MENACES POUR LES POPULATIONS

Les feux de forêts et les activités humaines sont les menaces principales qui pèsent sur la disparition des habitats des orangs-outans.

CONSERVATION

La taille sans cesse déclinante de la population classifie l’orang-outan parmi les espèces en “danger critique”.
La perte de leur habitat, leur plus grande menace, est causée par le commerce de l’exploitation forestière, la conversion des forêts en terres agricoles et les feux de forêts. Des zones étendues de forêts, zones couvertes par les orangs-outans, ont été éclaircies. Alors que la coupe de bois en Indonésie, depuis ces dernières années, est largement regardée comme surexploitée et sous les seuils de niveaux durables, l’exploitation forestière illégale est devenue particulièrement inquiétante, profitant d’un contrôle réduit de l’administration centrale dans l’ère post-Suharto. Cette exploitation du bois a un impact majeur sur les habitats des aires protégées.
La Commission de Survie des Espèces de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a adopté la nouvelle taxonomie dans laquelle deux espèces y sont reconnues : l’orang-outan de Sumatra catégorisé en “Danger Critique” en 2000 avec un très haut risque d’extinction à l’état sauvage dans un futur immédiat et l’orang-outan de Bornéo catégorisé en “Danger”, avec un haut risque d’extinction à l’état sauvage dans un futur proche. Les sous-espèces reconnues de Bornéo (Malaisie) sont également catégorisées en “Danger”.

Source : GRASP – UNESCO et OFI usa